Farfalino

Blog personnel de Farfalino, un informaticien photographe, gay, à moitié italien, à moitié français, ... Vous y trouverez mes coups de coeur, mes coups de gueule, mes coups de blues. Vous pourrez regarder mes photos, et certaines de mes nouvelles. Si vo

01 juin 2014

Tagué par Ek91 : 11 anecdoctes et 11 réponses à 11 questions

Les anecdoctes

  1. Je n'ai jamais eu de relations sexuelles avec une femme.
  2. Mon premier chat s'appelait Pixel. Cela n'a rien à voir avec l'informatique, il s'agit du nom du chat-passe muraille dans les livres de Robert Heinlein, en référence au chat de Schrödinger.
  3. De forte corpulence et un peu brutal, je casse de nombreux objets, ce qui met mon compagnon dans une rage folle et me vaut une réputation de brise-fer.
  4. Un de mes collègues a collecté  dans un fichier Excel les expressions que j'emploie à longueur de journée et qu'il ne connaissait pas. Elles me viennent de ma grand-mère, de mon père, de ma mère, d'amis ou de connaissances, et des humoristes et autres obsédés textuels qui croisent ma route. "Ne t'occupe pas du chapeau de la gamine".
  5. J'ai un ami qui est décédé dans un accident de plongée alors qu'on l'attendait pour l'anniversaire de son meilleur ami. Je me suis lancé dans l'écriture de nouvelles entre autre parce qu'un autre de mes amis a aimé ma description de l'ambiance fébrile et faussement joyeuse qui a précédé l'annonce du décès après le restaurant.
  6. J'ai un problème avec les célébrités que je croise. Je me suis ainsi rendu ridicule auprès de François Ozon (mon flash n'est pas parti malgré plusieurs tentatives), je me suis fait engueuler par Richard Berry pour lui avoir dit qu'il avait piqué une scène à "ouvre les yeux", j'ai grillé la politesse de Patrick Chesnais devant un distributeur de bouteilles d'eau en Avignon.
  7. J'ai déclaré à mes compagnons de route, quelque part entre Memphis et la Nouvelle-Orleans, que j'étais anorexique. C'était plutôt boulimique, l'autre versant des troubles alimentaires.
  8. Je ne supporte pas que les horloges de ma maison soient désynchronisées. Cela m'a joué des tours. Un jour j'ai eu l'impression que le couloir entre la chambre et le salon était un portail temporel. J'avais oublié de changer l'heure de mon radio-réveil alors que le magnétoscope s'était mis à jour tout seul.
  9. En quatrième et en troisième, j'ai fait du latin parce qu'il n'y avait pas de classe d'italien et que c'était la langue la plus proche. Cela m'a permis de rester avec mes petits camarades, les meilleurs du collège.
  10. J'ai dépensé sans compter dans les sites minitel à la recherche d'un compagnon, ou de n'importe quel blaireau qui voudrait bien de moi.
  11. Je me suis mis à la photo car je ne savais pas dessiner et que je n'avais plus de hobby. J'ai répondu à la question d'un ami photographe "et pourquoi tu ne t'y mettrais pas ?".

Les réponses aux questions

1- Un souvenir (une anecdote) coquin(e)  

J'ai eu un amant parisien très occasionnel. Un jour que je suis allé le voir, j'ai souillé mon boxer. Il a du m'en prêter un et je le lui ai renvoyé, propre, par la Poste. Je me suis servi de cette annecdocte dans une histoire avec un type qui prêtait des tee-shirt. 

2- Quelle rôle joue la famille dans votre vie ?

La famille autre que mes parents, mes frères et sœurs : aucun. Ils sont présents dans ma vie mais je peux ne pas les voir ni les contacter pendant plusieurs semaines sans que cela me manque. 

3- Quel est le sujet tabou par excellence ?

La sexualité des vieux, des handicapés, des enfants.

4- Mangez vous pour vivre ou vivez vous pour manger ?

Plutôt je mange pour vivre. La nourriture n'est pas ou n'est plus au centre de ma vie bien qu'il faut bien que je reperde plusieurs dizaines de kilos.

5- Si je vous dit homosexualité, vous pensez quoi ?

Une orientation sexuelle qui s'est imposée malgré mon éducation et ma famille. Un comportement décrié qui reste difficile à assumer et à être accepté par l'humanité en général.

6- Quelle importance accordez-vous au qu'en dira-t-on ?

Aucune. Quel intérêt de s'imposer ce carcan ?

 7- Un artiste à nous recommander, à faire découvrir ?

Martial Rossignol, un photographe avec qui je partage le même goût pour le macabre, le bizarre, le fantastique et le surréalisme. Galerie  : http://martial-rossignol.fr/

8- Une recette secrète à nous dévoiler ?

Soupe à la tomate hypocalorique : dans une tasse, mettre de l'eau bouillante avec un bouillon cube de légumes sans graisse et une cuillère à soupe de concentré de tomates.

9- Votre voyage le plus insolite (physique ou mental) ?

J'ai fait des parties de jeu de rôle dans des lieux particuliers comme à Provins, dans la tour médiévale César, ou dans un grenier d'une vieille maison presqu'abandonnée.  Des ambiances particulières et des hallucinations collectives.

10- Si vous réincarniez, ce serait en quoi (qui) ?

En un de mes chats. Quelle dure vie ils mènent !

11- Comment décrire votre intérieur ?

Disparate, encombré, pas toujours de bon goût et à rafraichir. Ca me correspond bien...

Si Domino accepte d'être taguée, je lui concocterais une série de questions...

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03 mai 2014

Où j'en suis ?

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J'ai repris le projet de recueil des nouvelles sur le thème "Déraillements". J'ai continué à faire des photos de nu masculin, toujours dans la même veine mais aussi des portraits. Je travaille toujours au même endroit et j'essai d'équilibrer avec mes activités artistiques (en toute modestie). J'ai écrit  une autre nouvelle et histoire de ne pas perdre la main, j'élabore la prochaine.

Coté poids, c'est la galère. Je n'ai pas de problème de santé particulier mais ce corps est bien lourd à porter. Notre projet d'aménagement des combles a été stoppé faute d'assurance qui m'accepte. Comme vous pouvez le voir, je suis affublé de lunettes. Avec l'âge, mes yeux, ses muscles et le cerveau ne compensent plus l'hypermétropie dont je souffre. Après quelques semaines de galère, je les supporte bien. Le problème est que je ressemble encore un peu plus à mon père !

Sinon je mène une vie paisible...

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La mauvaise voie

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La vie est parsemée de choix qui nous font emprunter parfois des voies dangereuses, complexes, cahotiques, loin de de nos rêves, de nos origines, de notre morale. Alors on se perd de vue. Heureusement, on peut toujours tenter de revenir en arrière pour se retrouver.

Barnabé est un joueur invétéré. Il engloutit le moindre euro dans le poker, et tous les jeux d'argent dans l'espoir de changer de vie. En banqueroute, au chomage, il doit rapidement trouver un travail rémunérateur. Il se lance dans le massage et se fait prendre dans l'engrenage de la prostitution masculine. Un de ses rendez-vous tourne mal. Comment se sortir de ce guêpier ?

La nouvelle en téléchargement ici : La_mauvaise_voie

 

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23 octobre 2013

Mille et un écus

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Ce texte m'a été inspiré par Eric. Je l'ai pensé comme un revers de médaille, l'autre coté d'un miroir déformant, un point de vue inverse. Vous pourrez lire ce texte très sensuel ici : http://larbreachat.wordpress.com/2013/10/17/119-mille-et-un-regards/

- On y va, les enfants !

S’il avait eu de la répartie, il aurait pu rétorquer au photographe que les enfants ne posaient pas nus dans des attitudes provoquantes, mimant l’orgasme et le désir, pour des hommes à la libido tourmentée. Quoiqu’en y réfléchissant, la pauvreté et la malchance en avaient toutefois précipité plus d’un entre les griffes de pervers avides.

Il frissonna. L’assistant, une ombre d’être humain, se leva de sa chaise et se traina vers le mur où il poussa un peu plus le chauffage du studio ; la chair de poule n’est pas photogénique.

Tout le matériel était en place. Son corps enduit de fond teint, les cheveux dépeignés avec soin, le torse épilé, le pubis fraichement rasé, l’œil coquin, il était prêt à être bombardé de la lumière qui le rendrait sublime et irrésistible. Ses premières attitudes réchauffèrent l’atmosphère et firent naitre la vibration nécessaire. Il tourna ses pensées vers Ophélie, sa petite amie, aux seins fermes, à la croupe généreuse et à la peau satinée. La séduire d’un regard de braise. Shlack ! L’attirer vers lui d’une œillade prometteuse de plaisirs. Shlack ! Ressentir l’appel de la chair. Shlack ! Laisser couler en lui le souvenir de leurs étreintes torrides. Shlack ! Shlack ! Shlack ! Tourner, croiser, plier, sauter, sourire, tordre, il prit au mieux les attitudes et les poses qu’il connaissait. Le photographe donnait des ordres à l’assistant poussif pour parfois opérer quelques changements et se bornait à stimuler sa proie photographique par de petites interjections suraigües.

- Oh oui ! Parfait ! Superbe ! Tu me donnes tout, chéri !

Il entendait déjà le rire cristallin de sa petite amie à la vue des billets qu’il ramènerait de la séance. Chaque déclenchement résonnait comme le bruit d’un tiroir-caisse qu’on remplissait. Bomber le torse. Cling ! Arrondir la croupe. Cling ! Ecarter les fesses. Cling ! Empoigner son sexe. Cling ! Caresser les cuisses et fermer les yeux. Cling ! Un doigt dans sa bouche canaille. Cling ! Il connaissait par cœur les attitudes qu’on attendait de lui pour susciter le désir des spectateurs. Cling ! Cling ! Cling !

Surtout il ne fallait pas qu’il pense à eux, à ces hommes pour qui son image serait la source d’un plaisir solitaire au fond d’un grand lit vide. Leur imagination enflammée le convoquerait à leur coté pour se rouler dans une luxure indécente et bruyante. Leurs mains moites et fébriles tourneraient les pages d’un magasine honteusement acheté dans une gare anonyme à la recherche du moindre centimètre de sa peau pour se satisfaire dans un râle humide et collant.

- Tu bandes mou, chéri ! Mets-y un peu de cœur et de cul. Sinon il va falloir que je te rallume !

La menace était réelle. Faire des photos dites de charme était le travail le plus facile qu’il avait pratiqué. Son corps musclé, généreusement doté par la nature, et sa belle gueule étaient ses seuls atouts. Une faible intelligence accompagnée d’une pesante paresse l’avait entrainé dans le royaume de la chair exposée. La faim et les coupures d’électricité lui avaient fait ravaler sa fierté pour accepter d’être filmé dans des pratiques sexuelles qui n’étaient pas les siennes avec des gym-queen exaspérantes, accompagnées en gros plan de la grimace d’un orgasme simulé.

Ophélie mais aussi Karine aux seins énormes, Nathalie à la bouche gourmande et avide, Kindra, la panthère noire aux fesses rebondies, lui firent retrouver la flamme et la vigueur dont devait se repaitre le replet photographe efféminé. Oubliés l’assistant squelettique au nez enneigé, les craquelures sur les murs du studio, le sifflement du chargement des flashs, l’odeur de mazout de la chaudière toute proche. Il interprétait à la perfection son rôle d’homme offert à chacun et à tous, charmeur, provoquant, un rien hautain, un sourire à la fois enfantin et lubrique.

- Ah voilà, c’est beau ! C’est bon ! Vas-y mon chéri ! Tu es sublime !

Le loyer payé, il faudra qu’il pense à acheter des fleurs avant d’emmener Ophélie au restaurant. Il avait hâte d’oublier cette dure journée de labeur dans une étreinte passionnée.

Cling ! Cling ! Cling !

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29 septembre 2013

Photo récente

trombi-09Elle a été prise pour le trombinoscope du club photo...

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28 septembre 2013

Gabriel Wax, artiste multiforme

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J'ai été contacté par Gabriel Wax, un artiste photographe, acteur, scénariste, etc. Il m'a contacté en juin dernier pour effectuer une séance. J'étais attiré par ses muscles, sa couleur de peau aussi. Le jour-dit, je n'étais pas très en forme et je pense que je me suis laissé "bouffer" par cet artiste bouillonnant d'idée et aimant partir dans des directions qui ne sont pas les mêmes.

Le résultat est assez décevant pour moi. Je n'ai pas fait très attention aux ombres.

Au final quelques photos tout de même dans l'album Gabriel Wax.

 

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15 juillet 2013

Corporate !

extraitil y a quelques mois, la banque de ma boite a voulu faire une opération de communication en interne. ils ont demandé des volontaires pour être interviewé et filmé.

Après quelques tergiversations, branle-bas de combat ! Bureau rangé, cheveux coiffés, rasé de près, certains ont sorti leur costume. Une équipe de tournage a débarqué. ils ont filmé à l'aide de Canon 5 D, qui est un appareil photo à la base de très bonne qualité. J'ai servi de figurant pour mon chef (celui à gauche) et pour un collègue, tous deux interviewés. Nous n'avons pas simulé, nous avons vraiment discuté boulot.

Au final, ils ont élaboré un petit film de 1'30 à partir des deux jours de tournage. Je suis dans beaucoup de plans ;)

Quand on a visionné le reportage, la sensation d'appartenance à la société a été très fort. Il faut dire que cela fait près de 20 ans que j'y suis ! J'étais très fier de la présentation qui en a été faite. La dernière phrase prononcée m'a particulièrement ému : "la devise ? Tous ensemble et pour longtemps !" ca peut paraitre un peu artificiel mais je sais que c'est vrai. D'ailleurs, mon second a même versé une petite larme.

 

 

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Festival Off d'Avignon 2013

1004461_10151673807884898_1409164447_nCette année nous sommes allés pour la première fois au festival d'Avignon. Nous y avons passé une semaine avec des copains de théâtre de mon compagnon. Ils avaient loué une maison avec piscine très bien équipée à 20 minutes à pied des remparts de la ville.

Tout d'abord l'ambiance est particulière. L'ensemble de la ville est piétonnière, les affiches recouvrent tout ce qui peut l'être. Il y a cette année 1265 spectacles, un record il parait. Il y a un coté "seuls les plus forts survivront" qui m'a dérangé au début. Alors dans la rue, la plupart distribuent des flyers, se font prendre en photo avec les passants, présentent leur spectacle et qui ils sont. C'est à celui qui se fera remarquer pour attirer le spectateur, à coup de mégaphone par exemple. Le plus étonnant a été de croiser un comédien poussant devant lui le capot d'une voiture trainant par terre. La ville est donc plongée dans une atmosphère de joyeux bordel festif !

Ne croyez pas que la retape est réservé aux obscurs intermittents miteux. Le festival est aussi l'occasion de croiser des têtes connues et même de discuter avec eux quand ils vous vantent leur spectacle ou après la représentation. Ils sont disponibles et agréables autant que j'ai pu juger.

Je n'ai pas eu le coeur de dire en face à Dany Moro qu'il était un mauvais imitateur et que chez Roumanof, c'est celui qui me fait le moins rire.  Aymeric Lompret, pensionnaire de ONDAR, nous a donné une invitation. J'espère qu'il arrive à remplir sa salle. Artus m'a signé un autographe; je n'ai pas osé poser avec lui. Au théâtre des Béliers, Arthur Jugnot, qui le dirige, faisait les entrées. Frank Borde (ex Plus Belle la Vie) est vraiment super mignon, j'ai plaisanté aussi avec ses "petits frères de théâtre" pendant qu'on attendait pour entrer dans un spectacle dans le même théâtre.

Je me suis rendu ridicule auprès de Patrick Chenais. Je suis passé devant lui pour m'acheter une première bouteille dans un distributeur. Pour la seconde bouteille, la machine s'est bloquée et son petit-fils m'a aidé à transformer ma pièce de deux euros en une multitude de piécettes. Pénible quand on veut faire vite. Après avoir obtenu ma seconde bouteille, je me suis excusé de l'attente et j'ai reconnu la lueur ironique et amusée dans l'oeil et la moustache de l'acteur. 

Stéphan Guérin-Tillié (que je connaissais de l'excellent téléfilm "Juste une question d'amour") a du me trouver grossier. J'ai insulté devant lui une festivalière qui ralait parce que j'étais allé dans le toilette des femmes. Il m'a reconnu plus tard quand il faisait de la retape pour son spectacle. Nous avons aussi discuté avec les Kicékafessa (ONDAR) qui galèraient au début du festival à remplir leur salle. Pendant leur représentation, mon compagnon a été choisi pour faire semblant d'être un des personnages de la pièce. Il a eu le droit à la bise des deux acteurs. Etant complètement fan, il ne sera pas venu pour rien !

Le plus important est tout de même ce sont les spectacles. Nous en avons vu 21 à raison de 4 par jour. A la fin, la saturation était proche. Nous avons vu quelques chefs d'oeuvre comme "le bain" de Lagarce suivi de "C'était hier", deux oeuvres fortes jouées avec intensité, ou "Partisants", 3 jeunes gens accompagnent des chefs de la résistance lors du seul conseil de la résistance convoqué par Jean Moulin. Nous avons pris une leçon de théâtre avec "Le horla", une claque avec "Tom à la ferme" ou "Les chemins des passes dangereuses" (avec Frank Borde justement). Nous avons aussi beaucoup ri avec "le tour du monde en 80 jours" adapté par un fou furieux accompagné par une troupe visiblement sous cocaïne (je plaisante) ou l'adaptation de "Maudit Karma". Beaucoup d'émotions avec "Motobécane" ou "la liste de mes envies". De l'émerveillement avec un spectacle de magie. Et bien d'autres !

Il nous parait évident que nous y retournerons l'année prochaine même s'il faudra qu'on anticipe le budget nécessaire. J'ai bien peur que les autres semaines de congé en août soient un peu moins exaltantes.

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21 juin 2013

Les choix

 choix_societe-f8ac0Je relus la lettre une dernière fois. Aucune faute d'orthographe, aucune lourdeur de style, aucune ambiguïté. Texte court, simple, clair, efficace : je donnai ma démission et je sollicitai une réduction de ma période de préavis d'un mois. Après l'avoir pliée consciencieusement, je la glissai avec délicatesse dans une enveloppe banale. Scellée, je traçai d'une main fébrile l'adresse de mon entreprise.

J'enfilai mes chaussures et les laçai, bien serrées, en faisant une double boucle. Un coup d'oeil au dehors pour constater que le temps était couvert mais lumineux et sec. Le blouson fut abandonné car un peu trop chaud pour un mois de septembre. Le portefeuille contenait  la monnaie suffisante pour payer le recommandé avec accusé de réception, toutes les fenêtres de l'appartement étaient fermées, je quittai enfin mon appartement, la lettre à la main.

Pendant le trajet qui me menait à la Poste, la lettre passait d'une main à l'autre. Aucune des deux ne voulait la conserver, comme un objet brûlant, répugnant, à la texture blessante. J'essayais de faire taire la petite voix intérieure qui m'exhortait à rebrousser chemin. "Trahison ! Folie !"... "Ta gueule !".

Par bonheur, une cohorte impatiente de clients s'interposait entre moi et le guichet. Je pouvais encore tourner les talons, jeter en l'air des confettis pour fêter la sécurité retrouvée chez l'Ecureuil et annoncer à un de mes meilleurs amis que je renonçai à intégrer sa très jeune entreprise. "Ta gueule, je te dis !"

Mon écriture sur le bordereau collé à l'enveloppe était tremblotante malgré mon application pour rendre l'adresse la plus lisible possible. L'employée fatiguée me prit la lettre d'un geste sec, professionnel et exaspéré. Trop tard pour changer d'idée ! Mon destin professionnel et ma vie allaient changer de cours. Je fis tomber les pièces réclamées sous l'oeil rébarbatif de la mégère à lunettes protégée par l'hygiaphone. Un soupir derrière moi m'obligea à me dépêcher. Je l'entendis presque dans ma tête me dire "Hé le gros, tu te magnes, j'ai mes gosses à aller chercher moi !".

Quand je sortis de l'antre administratif malodorant, je pris une grande inspiration pour faire cesser le tremblement qui m'agitait. Alea jacta est ! Allégé de l'obstacle franchi, je partis d'un pas presque tranquille vers la boulangerie où un bon flan-raisin-coco-produits-chimiques m'appelait pour que je le dévore.

C'était il y a près de 18 ans.

Hier soir, en sortant du club photo, je me suis remémoré cet épisode important de ma vie ; c'est ma seule démission, je suis toujours dans la même société depuis. J'aurais pu prolonger la soirée ailleurs et laisser en plan mon compagnon avec ses gnocchi frais, achetés la veille dans une boutique italienne, sans son ordinateur que j'avais pris pour mon exposé élaboré avec les livres qu'il m'avait offerts. J'ai décidé, avec presque la même fébrilité, de rentrer au bercail de ne pas prendre un chemin plus sombre, plus tortueux et plus déraisonnable. J'ai verrouillé une porte pour continuer dans le couloir dont je ne connaissais pas la fin. J'avais fait un autre choix !

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14 juin 2013

Mon poids me pèse

Ni déclaratation, ni de résolution, ni courbe, ni explication. Juste un amer constat.

 

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