26 octobre 2008
Une semaine culturelle
Lundi soir, spectacle de Grand Corps Malade. J'aime beaucoup cette poésie du bitume, ces mots qui résonnent fort, ces rythmes, ces rimes et ces jeux.
J'avais découvert Grand Corps Malade à travers la lecture des "rencontres" pendant une séance de répondants aux lettres des enfants. Ces textes me touchent car, entre autre, je suis né à stains (93) et que j'ai vécu pendant 9 ans et demi en banlieue. Mes racines ne sont pas qu'italiennes, elles sont aussi en île de France.
Ce qui me touche aussi, c'est la fragilité et l'histoire du slameur. Ses textes font "fleurir le béton", et au-délà de son histoire personnelle, touche à l'universel. Il y a aussi des textes potaches pour alléger ses albums. On voit bien sur scène qu'il est un miraculé et qu'il a vraiment du mal à marcher. Il a aussi de magnifiques yeux bleus et un coté enfantin, surpris de voir l'engouement du public, même pour ces textes du second album qu'il va bien falloir acheter, histoire de le soutenir.
Impossible pour moi de réciter ses textes par coeur comme je pourrais le faire de certaines chansons. Trop compliqué et trop dur, sans être ridicule.
Pour une fois, c'est un homme qu'on voit en spectacle. Ca change :)
Pièce de théâtre américaine mis en scène de John Malkovitch avec Cristina Reali.
C'est l'histoire d'une femme écrivain, camée, alcoolique, qui vit avec un homme qui veut la sauver, et qui lui sert même de prête-nom. Cela parle de difficulté de vivre, d'écrire, d'incommunicabilité dans le couple.
L'actrice Cristina Reali est épatante. Elle donne corps à ce personnage avec fougue et talent. Dans les téléfilms, je l'ai trouvée pas mal mais sur scène, elle éclate vraiment. La mise en scène basée sur un décor projeté sur des cubes est magnifique également. Elle est vraiment inventive. Le décor ressemble parfois à des tableaux. La musique souligne la tragédie qui se noue sur scène (je ne savais pas qu'Ariel Witzman faisait aussi de la musique). Les éléments de décor qui glissent pour entrer et sortir de scène ont un coté tour de magie.
Ce matin, nous sommes allés à une projection-test du deuxième film de Maïwenn : "Le bal des actrices". Nous étions invités à donner notre avis.
C'est l'histoire d'une réalisatrice qui filme des actrices dans leur vie quotidienne en vue de faire un documentaire entre-coupé de séquences sensées représenter leurs rêves.
L'affiche est belle. On oscille en permanence entre la franche hilarité et l'émotion. On assiste, au travers d'une quinzaine d'actrices qui jouent leur propre rôle, à tous les aspects, les aléas et les affres de la condition de comédienne : les cours merdiques, la carrière en berne et les ménages pour exister, la course au casting, les doutes, etc. C'est aussi une mise en abime de la réalisatrice qui accepte la compromission nécessaire pour monter son film, on y voit sa vie de famille avec Joey starr, loin de l'image de racaille (il refuse que son fils porte un tee-shirt "NTM" car ce n'est pas très présentable).
Ce film est un mélange de réalité parfois crue, de fantasmes et de pure invention. Si on ne croit pas un seul instant que Karin Viard prend des leçons d'anglais pour faire carrière aux Etats-Unis, ou qu'Yvan Attal est un réalisateur parfaitement odieux, on est touché par Muriel Robin qui regrette de "s'être rêvée en Annie Girardot et de s'être retrouvée en Fernand Raynaud". On pense à "8 femmes" pour les scènes chantées et chorégraphiées (Charlotte Rampling déclamant du Joey starr complètement incongrue).
J'ai trouvé plus faible la séquence avec Estelle Lefevbure. Les séquences avec Muriel Robin, Charlotte Rampling Karin Viard, la jeune actrice asiatique, Jeanne Balibard sont formidables.
J'ai beaucoup aimé et je souhaite une longue carrière à ce film.




















